09 août 2010

Hotel camisole


Comment s'écrit un cri ?
Comment s'hurle la terreur ?

Je hais ces jours, j'abhorre ces nuits.
Le silence m'a arraché la peau, le vent m'a mis à genoux.
J'attends les bras en croix que les nuages crèvent !
Moi l'impie, j'implore en prières sacrilèges.
Avant que tout ce qui a été écrit ne finisse ici.
Avant que tout ne soit dit.
Avant que je ne sois plus qu'ici.
Avant qu'en titre s'impose :
Acta est fabula.

Relèves-moi si tu l'oses.
Je lutterais, me nierais.
J'ai peur de toi, j'ai déjà peur de ma voix.
J'aurais honte de rire, à avoir trop gémit.
Je ne sais plus prendre.
Peut-être ne sais-je plus donner
Et ne sais plus que rêver.

Mes vers ne riment pas,
Ils me rongent.
Et si ces vents te transportent,
Saches qu'ils me déchirent, m'étirent.
Que ma pensée se craquèle, givrée.
Ces feux me consument.
La fièvre m'aura bientôt emporté.

Mes yeux s'enfoncent dans mes orbites de les avoir trop écarquillés.
Mon corps s'affaisse sous le poids de ses os.
Je suis anguleux, anguille, argileux.
J'ébouriffe mes cheveux pour attirer 
la foudre.
Je tiens mon sexe entre les dents,
Prêt pour une énième émasculation.

 
Qui voudrait ma rédemption ?
Je suis à haïr, à abandonner.
L'incivil accroché à vos cils.
L'indicible accord : veule, infertile.
Je suis à bannir, à démembrer.

Vois qu'à me pourrir je trouve les rimes !
Les seules autres sont mes derniers souffles chauds,
Mes mirages, mes sens affolés.
Ce sang, ces mains courant sur des peaux disparues.
Qui n'existent pas ??!
Hallucinations de ruts, divagations érectiles.

Et de vos chairs écartelées dans mes rêves,
Qu'en sollicitations  de sens je viens lécher,
Hanter des enfers, l'humidité de vos lèvres,
Crois-tu, délectation, pouvoir m'en rapprocher ?
...Penses-tu surtout qu'il le faille ?


 

 

Posté par Another KAa à 11:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur Hotel camisole

Nouveau commentaire